Siegfried & Le Dragon Fafnir

Publié le par Davis

Il était une fois un fabuleux trésor et un anneau sur lequel planait une malédiction de deuil, de tourments et de mort. Par cupidité, les deux frères Fafnir et Regin avaient tué leur père pour s'approprier les monceaux d'or et de joyaux. Fafnir était plus cupide encore que son frère. Pour garder le Trésor, il l'enferma dans une grotte et s'installa à l'entrée. Peu à peu, sa peau se couvrit d'écailles, sa taille devint démesurée, son souffle brûlant.  Des pattes griffues replacèrent ses membres, des ailes lui poussèrent. Il s'était transformé en dragon ! Plus jamais il ne laissa Regin s'approcher de son immense fortune.

Dragons Lair
Regin, dépossédé, chercha alors quel serait le meilleur moyen de récupérer à son profit ce fabuleux trésor. Lui-même n'aurait jamais osé affronter ce dragon terrifiant qui pourtant avais jadis été son frère. Il lui fallait se mettre en quête d'un homme valeureux pour accomplir à sa place cette tâche surhumaine.

Comme il était magicien renommé et forgeron hors pair, il forgea une épée merveilleuse et magique qui devrait un jour venir à bout de Fafnir. Quand il fit la connaissance du jeune et valeureux Siegfried, Regin sut qu'il avait trouvé son homme.  Siegfried était un tout jeune homme élevé dans le château du roi Hjalprek et Regin, qui était savant autant que fourbe, se proposa pour être son précepteur. Siegfried en sut bientôt autant que son maître, et Regin sut piquer sa curiosité et son désir d'actions héroïques :

- Je connais un endroit où repose un trésor fabuleux, dit-il au jeune homme. Si tu arrivais à le conquérir, à coup sûr tu te couvrirais de gloire !

- Qui garde ce trésor ?

- Un dragon nommé Fafnir, dit  Regin en prenant un air malin.

- Mais j'ai entendu parler de ce Fafnir ! s'écria Siegfried. Il est monstrueux et si féroce que nul ne peut s'attaquer à lui !

- Eh bien, Siegfried, dit Regin, je te croyais plus vaillant. Ce dragon n'est pas énorme du tout Tes ancêtres n'en auraient fait qu'une bouchée. Ils doivent être bien déçus, s'ils te voient, de constater que tu es trop lâche pour t'attaquer à un dragon de rien du tout...

- Moi ! Lâche ! s'exclama le jeune homme.

- En revanche, si tu le combats, tu auras la gloire d'avoir accompli cette action d'éclat : tuer un dragon, c'est autre chose qu'une petit bataille entre hommes. Sans compter qu'il y a l'or, aussi...

Regin ne luit dit pas qu'il comptait garder l'or pour lui et qu'en fait d'action d'éclat, il s'agissait surtout d'éliminer son frère le dragon !
Mais Siegfried, lui, sentait l'idée de faire son chemin : il avait envie de prouver sa vaillance, de s'affronter à des adversaires dignes de lui. Finalement, la proposition de Regin semblait lui convenir à merveille.

- Mène-moi à ce dragon, fit-il avec enthousiasme.


Guidé par Regin, Siegfried arriva en vue de la caverne du dragon et tous deux se cachèrent non loin de l'entrée. La bête était réellement monstrueuse, bien plus énorme, terrifiante et menaçante que Regin ne l'avait laissé entendre.

Breath Of Fire
- Tu m'as trompé, murmura Siegfried au magicien.

- Allons, répliqua Regin, tu ne vas pas reculer maintenant !

Siegfried ne pouvais affronter le monstre en face, mais rien ne l'empêchait d'utiliser la ruse. Il résolut d'examiner attentivement les habitudes du dragon et nota ses allées et venues. Fafnir, qui n'avait plus rien d'humain ne quittait guère les lieux, saut pour aller boire à une source voisine. Profitant de son éloignement quotidien, Siegfried creusa alors un trou et s'y glissa en se dissimulant sous une couche de feuilles.
Quand le dragon revint vers sa tanière en ondulant lourdement, Siegfried brandit son épée magique et éventra sa panse. L'épée perça d'un coup les écailles d'une texture métallique et aussitôt Fafnir s'écroula en perdant son sang. Siegfried fut inondé des pieds à la tête. Mais un pétale de fleur s'était collé dans son dos, juste entre les omoplates, et à cet endroit le sang ne le toucha pas. Puis Sigfried sortit du trou, retira son épée de la plaie et attaqua le dragon qui continuait de donner de furieux coups de tête et de queue tout en répandant des flammes autour de lui.


Siegfried & Fafnir
- Je sais que Regin est à l'origine de ma mort, gronda le dragon en se sentant mourir. Et il sera à l'origine de la tienne, j'en suis bien content...

Fafnir mourut dans une dernière convulsion. Regin, qui s'était prudemment dissimulé, vint féliciter le héros et se hâter de lui donner de nouvelles instructions.

- Arrache le coeur de ce dragon et fais-le griller pour que je le mange, ordonna-il à Siegfried avant de se mettre à boire le sans à même la plaie.
Or, tandis qu'il préparait le coeur pour son mentor, Siegfried se brûla et porta la main à sa bouche. Par mégarde, il consomma un peu du sans de dragon. Aussitôt, il se passa un curieux phénomène : les oiseaux qui pépiaient dans les arbres près de lui semblèrent avoir un langage compréhensible. Grâce au sang magique de Fafnir le dragon, Siegfried comprenait dérénavant la langue magique par excellence, la langue des oiseaux.

- Ce pauvre Siegfried, disait le merle, il ne se doute ps que Regin veut récupérer le trésor pour lui seul et le tuer.

- Oui, renchérit une alouette, c'était bien pratique de faire tuer Fafnir sans prendre de risques. Maintenant, il va lâchement assassiner le vainqueur.

- Heureusement, continua un geai, tous les endroits où le sang de Fafnir l'a touché sont invulnérables.

 - En revanche, il y a cette jeune femme ensorcelée dans un cercle de feu.

- Oui, c'est la Walkyrie. S'il arrive à la délivrer, elle tombera amoureuse de lui...

Ce langage des oiseaux était décidément fort intéressant ! Siegfried se dit qu'il y allait de sa peau, c'était lui ou le magicien ! Il tua Regin, le magicien fourbe et sans scrupules, qui paya ainsi le prix de sa cupidité.
Siegfried, lui, enterra le dragon après avoir mangé son coeur. Puis il emporta le trésor, sans savoir qu'il comportait un anneau maléfique, et se mit en quête de la Walkyrie Brunehilde, enfermée, ensorcelée, endormie, dans le cercle de feu, attendant le héros qui viendrait la délivrer...

Siegfried und Brunhilde
Il entra dans le feu, délivra Brunehilde, et le héros et la Walkyrie tombèrent amoureux. Siegfried donna l'anneau à Brunehilde en signe de foi. Hélas, la malédiction attachée à l'anneau magique ferait leur malheur à tous les deux. Mais ceci est une autre histoire...
(récit tiré de l'Encyclopédie du fantastique et de l'étrange)

Publié dans Récits

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vick 23/06/2011 20:58


ces une bonne histoir


Davis 24/01/2012 21:46



Je te remercie beaucoup !